Au coeur de la méthode

Partons d’un exemple : une femme a peur de devenir mère sans raison apparente. Mais lorsque l’on étudie son histoire familiale et son vécu, c’est vrai que l’on peut retrouver comme indice dans ses deux lignées, des morts de mères jeunes et des abandons.

Attention : on ne peut pas dire pour autant que morts de parents jeunes et abandons sur plusieurs générations vont impliquer obligatoirement une peur d’être parent. Chaque cas est unique et les clefs de compréhension doivent être recherchées en fonction de chaque profil étudié.

De façon isolée, la lecture des profils peut donner des indices et des repères, mais l’histoire familiale d’une personne ne se limite pas à un seul événement, pas plus que la problématique de la personne. Le résultat est bien plus complexe. En effet la finalité n’est pas de se limiter à retrouver des évènements qui auraient eu lieu dans la lignée et qui pourraient servir d’alibi à la problématique d’une personne en y donnant effectivement une logique, comme dans l’exemple ci-dessus. Il est vrai que l’on ne peut pas nier l’hérédité, mais le plus important pour la personne est de se réapproprier la problématique afin de ne pas rester victime de l’empreinte familiale et permettre l’apprentissage.

C’est pour cette raison que les profils sont toujours imbriqués les uns aux autres et ne peuvent pas être utilisés pour donner une définition automatique comme celle qu’offrirait un dictionnaire, ni comme des recettes de cuisine à transmettre indifféremment à tout le monde

L’interprétation est toujours liée au contexte du cas étudié.

Une personne qui constate que ses comportements (qui étaient apparemment les mieux adaptés jusqu’à ce jour) lui procurent plus d’inconvénients que d’avantages, nous autorise à lui proposer la mise en évidence de son profil et de ses imbrications, ainsi que les apprentissages correspondants.

Pour autant, ceci doit rester une proposition et non pas une obligation absolue, la personne ayant toujours son libre arbitre et sa capacité de discernement pour accepter ou non d’apprendre à fonctionner différemment pour atteindre ses objectifs.

Un exemple : une personne a pu rester soumise à une situation pendant des années, même si elle en a été malheureuse.

Il n’y a pas de jugement à porter car c’est forcément ce qui a été sa meilleure solution durant cette période. Mais le temps peut parfois réveiller son instinct de survie, comme si l’ordre du vital prenait le dessus et poussait cette personne à sortir du stress de cette soumission devenue aujourd’hui insupportable. Ce sont souvent les conséquences dans la durée qui génèrent le stress de façon plus importante. C’est alors qu’elle fera une démarche visant à dépasser sa problématique.

L’observation clinique a permis de constater que tout ce qui était :
– LE PLUS DIFFICILE
– LE PLUS DOULOUREUX,
– LE PLUS REPETITIF
pour une personne, pouvait souvent correspondre à la ressource non exprimée et donc à ce qui avait besoin d’évoluer par l’intermédiaire d’un nouvel apprentissage. La biogénéalogie fait la différence entre donner une raison au dysfonctionnement et donner un sens. Souvent les personnes cherchent une raison à leur problème au travers de leur passé pour expliquer « le pourquoi », au risque de le fixer. Alors que le sens permet de donner une signification pour une nouvelle orientation.

C’est sur le sens que la biogénéalogie va s’appuyer pour sa pratique.

Lorsqu’un praticien en biogénéalogie intervient, afin d’aider une personne en difficulté, il faut savoir que toutes les informations qui découlent des profils types ne sont en aucun cas un paradigme ou une vérité absolue et sont en perpétuelle évolution.

RECAPITULATIF DES PRINCIPES DE BASE DE LA BIOGENEALOGIE

Le cerveau qui gère la survie est un « éclaireur ».
Lorsque l’on veut atteindre un objectif, un but, on va donner des ordres au cerveau en lien avec ce projet ; les connexions vont se créer et le cerveau va chercher les chemins potentiels pour accéder au but. Grâce à ce mécanisme, le cerveau va « détecter » à l’avance quelles ressources seront manquantes pour atteindre l’objectif.
La seule façon de prévenir pour alerter la conscience sera de l’exprimer au travers de symptômes divers. Pris sous cette forme, le symptôme prend tout son sens et permet une nouvelle voie d’apprentissage.

Attention : certains objectifs sont inconscients, voire implicites, en fonction de notre évolution personnelle.

On peut donc définir le symptôme comme une alerte de la ressource silencieuse qui demande à être activée par le biais d’un nouvel apprentissage. C’est un signe avant-coureur de ce dont je vais avoir besoin pour mon futur, ce qui explique pourquoi le symptôme n’est pas toujours adapté à ce que je vis actuellement. Mon instinct de survie, qui a déjà analysé ce que je suis en train de mettre en place, cherche à prévenir ma conscience.
Si par contre je tente d’expliquer mon symptôme par des raisons (qui viennent de ma conscience), je risque de me leurrer.

Petit rappel :
– L’histoire familiale et le vécu douloureux de l’enfance ne doivent pas être l’alibi du problème mais plutôt un repère.
– Ne pas donner ou chercher une explication à son problème au risque de chercher des raisons et donc de figer le problème(« le cerveau d’un homme n’est pas fait pour penser, mais pour agir » Alain Berthoz).
– Trouver le sens du symptôme, donne la signification de ce qui a besoin d’être appris, une nouvelle orientation, et permet d’être au contact de sa perception.
– Se réapproprier la problématique (ramener à soi)
– Ne pas chercher à modifier son vécu en utilisant des suppositions qui éloignent du sujet (« et si j’avais fait telle ou telle chose… »)
– Ne pas chercher à changer, mais à modifier ses comportements et sa façon de ressentir.

L’APPRENTISSAGE

Il se déroule en trois étapes.

* La première consiste en la prise de conscience du problème (en lien avec ce qui a été transmis et appris) pour trouver le sens de ce problème en résonance avec l’objectif de la personne.

La reconnaissance de son propre problème ne suffit pas à changer ses comportements, même si elle permet dans un premier temps de diminuer le stress. En effet, même si on a compris le sens de ses comportements et de son vécu, lorsque l’on sera confronté à l’expérience on continuera à réagir de la façon habituelle.

Il faut savoir que physiologiquement, les nouvelles connexions créées au moment de la compréhension à un niveau intellect ne vont pas intervenir sur les connexions qui font agir dans l’expérience. La compréhension d’une peur n’enlève pas forcément la peur. D’où l’intérêt d’apprendre à se comporter différemment.

Prise de conscience du sens de son problème ainsi que de ses stratégies…

* La deuxième étape consiste à repérer dans son quotidien ses dysfonctionnements et à accepter de ne pas avoir la ressource pour agir différemment. C’est grâce à la première étape, celle de compréhension du sens du problème, que l’on peut donner une logique aux dysfonctionnements, en diminuant le stress et en permettant de les accepter plus facilement. C’est uniquement dans l’expérience que l’on peut s’en rendre compte.
L’acceptation est nécessaire pour l’apprentissage, pour ne pas se défendre du problème, permettre le lâcher-prise
Durant cette phase la problématique a l’air d’être amplifiée, répétée. Ce n’est en réalité que la conséquence de la prise de conscience, qui permet de mieux repérer ce qui a toujours existé mais que la personne n’avait pas les moyens de ressentir (un peu comme les femmes enceintes qui ont l’impression de voir des bébés partout, simplement parce que leur conscience est éveillée à la maternité).
Avant, la personne savait qu’elle avait un problème, en avait la connaissance ; par la deuxième étape elle en aura le ressenti, elle pourra donc se sentir concernée.

Apprendre sans être au contact du problème dans l’expérience, c’est prendre le risque de ne rester qu’à l’étage de la conscience et d’empêcher l’acquisition des apprentissages nécessaires.

Il est donc essentiel de ne pas négliger cette deuxième étape qui est nécessaire à l’aboutissement de l’apprentissage, tout en respectant son rythme et ses possibilités du moment pour ne pas augmenter le stress à ce moment-là.

C’est assurément une étape inconfortable mais elle est nécessaire pour permettre aux nouvelles données de se superposer aux anciennes.

Acceptation de ses dysfonctionnements et reconnaissance de ses ressources silencieuses.

* La troisième étape consiste à activer sa plasticité cérébrale par le biais d’un modèle d’apprentissage prédéfini dans les 29 profils, adéquat à la stratégie de la personne, et à chaque fois que la personne vit sa problématique dans l’expérience. Comme on l’a déjà précisé, c’est la répétition qui va permettre l’acquis.
Ce principe n’efface en aucun cas tout ce qui a été appris, puisque cela constitue nos références de survie pouvant avoir une utilité en cas de danger réel. L’objectif d’acquérir de nouveaux apprentissages est d’être mieux adapté à ses besoins et à son évolution, et de profiter de ses ressources innées. Ces nouvelles données vont simplement se superposer aux anciennes pour s’exprimer en priorité de façon adaptée aux besoins, permettant ainsi aux ressources restées silencieuses de s’activer.

Exemple : lorsqu’on veut faire du feu aujourd’hui on utilise des allumettes mais en cas de survie sans allumettes nous sommes toujours dans la possibilité de faire du feu avec deux pierres de silex, grâce à notre savoir ancestral. En revanche il serait inadapté de préparer son repas au quotidien à l’aide du silex.

Acquisition. Adaptation. Evolution.

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1 commentaire

  1. C’est génial mais il faut continer d’apprendre à faire le feu sans allumettes! Et pas avec 2 silex…. ça ne marche pas…. Il faut UN silex et une pierre ferreuse, ou un percuteur de fer.
    A part le clin d’oeil malicieux, c’est aussi vrai dans la symbolique de notre sujet: pour développer certaines capacités et se spécialiser, on en a négligé d’autres au point de ne pas se rendre compte qu’il faut s’exercer et re-apprendre!

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